Une, puis deux,…à ce jour nous en sommes à six lois depuis 1972 (Roudy, Ameline, Génisson, …) et peut être bientôt encore une septième . Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, c’est depuis 1919 que les femmes doivent bénéficier du “principe du salaire égal, sans distinction de sexe, pour un travail de valeur égale”.(possibilité qu’il soit différent).
Le constat est clair, l’inflation juridique sur la question de l’égalité professionnelle et salariale montre que sans une affirmation volontariste rien ne permet de résorber les inégalités professionnelles et les écarts de rémunérations.
Les femmes doivent lutter pour s’imposer dans les milieux professionnels, près d’un tiers des femmes sont en situation de précarité (contre 6% pour les hommes) et à travail égal leur rémunération est inférieure de 27% par rapport à celle des hommes! (16% si l’on se réfère au salaire horaire).
En 2004, un label Egalité devait encourager les actions en faveur de l’égalité professionnelle, quel en est le bilan près de six ans plus tard ?
En novembre 2007, une conférence « égalité salariale » s’était réunie et des actions étaient prévues :
-
plan de formation favorisant l’évolution professionnelle des femmes (la formation est au centre du dispositif de progression des femmes au sein de l’entreprise),
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diminution du temps partiel subi, (qui affecte principalement les femmes),
-
conciliation des temps de vie,
- orientation professionnelle pouvoir ouvrir tous les métiers aux femmes.
Le nouveau projet de loi pour le début de l’année 2010 s’inscrira sur le modèle du dispositif “emploi des seniors” de l’an dernier ou de la future loi sur le « stress au travail », c’est-à-dire inciter les entreprises > 300 salariés à afficher des objectifs clairs (de réduction des écarts), rendre publique la liste des entreprises vertueuses et celles qui ne le sont pas et appliquer une pénalité financière équivalente à 1 % de la masse salariale aux entreprises qui n’appliqueraient pas la nouvelle loi.
Pour l’UNSA l’application de sanctions financières peut rapidement se révéler ambiguë, car le calcul économique que vont faire les entreprises peut se traduire par leur déresponsabilisation et la sanction financière comme le permis de continuer de ne rien faire.
Déjà la loi du 23 mars 2006 sur les inégalités de rémunération entre hommes et femmes prévoyait cette possibilité de sanction financière avec une échéance pour la fin de cette année, quel bilan à ce jour pouvons-nous en tirer ?
Ne faudrait-il pas « imposer » au lieu de « préconiser » l’égalité salariale dans les entreprises ?
Avec un texte de plus, le risque est grand de voir ce sujet devenir brouillé par la juxtaposition de textes et de dispositifs ne pouvant que nuire à la clarté des actions et l’évaluation des efforts des entreprises pour réaliser cette égalité.
Et à Snecma ?
Les effectifs féminins progressent peu et, d’une année sur l’autre, reste autour de 15% de l’effectif total quand dans les autres entreprises aéronautiques les pourcentages se situent entre 20-22. Il n’ y a guère d’encouragement à la féminisation de certains métiers qui reste malgré tout fortement masculin.
Les positions et classifications les plus hautes restent largement inaccessibles aux femmes dans quasiment toutes les catégories. Globalement, nous constatons des disparités au fil du temps mais sans aggravation ni amélioration. Il reste encore beaucoup de progrès à faire pour parvenir à l’égalité professionnelle. Mais nous restons convaincus qu’une loi de plus ou des sanctions financières n’amélioreront rien sans une réelle volonté de changement de la part des directions.
Et les salaires ?
Pour toutes les catégories, les salaires féminins sont inférieurs aux salaires masculins. L’écart moyen à Snecma toutes CSP confondues est de 11%.
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Ecarts |
Snecma |
Villaroche |
|
Ouvriers |
10% |
non mesurable |
|
Employés |
5% |
|
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Techniciens |
15% |
10% |
|
Agents de maîtrise |
16% |
non mesurable |
|
Ingénieurs et cadres |
19% |
17% |
|
global |
11% |
12% |
Et la parité dans les organisations syndicales ?
Des efforts pour la féminisation dans les organisations syndicales doivent aussi être faits, à l’UNSA Snecma Villaroche nous en sommes à 33% pour le taux de féminisation.
Nous avons encore des efforts à faire pour obtenir les 50%, mais nous y travaillons.
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